Pointage obligatoire 2027 : ce que la loi impose vraiment, et ce qu'elle n'impose pas
Publié le 28 septembre 2026 — Aureus Social Pro
En résumé : le gouvernement a décidé, en marge de l'accord budgétaire du 25 novembre 2025, d'imposer à tous les employeurs un enregistrement du temps de travail à partir du 1er janvier 2027, avec une tolérance annoncée jusqu'au 31 mars 2027. Le texte est un avant-projet de loi, soumis au Conseil national du Travail le 26 mars 2026 et pas encore publié au Moniteur belge au 28 septembre 2026. Il exige un système objectif, fiable et accessible. Il n'impose aucune badgeuse.
D'où vient cette obligation
Elle ne vient pas d'abord de Bruxelles. Dans l'arrêt CCOO contre Deutsche Bank du 14 mai 2019, la Cour de justice de l'Union européenne a jugé que chaque État membre doit imposer aux employeurs un système objectif, fiable et accessible qui mesure la durée du travail journalier de chaque travailleur. Sans cette mesure, impossible de faire respecter les durées maximales et les repos minimaux de la directive 2003/88.
La Belgique n'avait pas transposé ce point. Le Conseil national du Travail l'a rappelé dans son avis 2462. Le gouvernement a tranché fin 2025 : l'obligation devient générale au 1er janvier 2027.
Qui est concerné
Tous les employeurs, du secteur privé comme du secteur public, quelle que soit la taille de l'entreprise. Un commerce avec un seul travailleur est concerné au même titre qu'un hôpital.
Des modalités particulières sont annoncées pour certains travailleurs, notamment les cadres disposant d'une grande autonomie. Les contours exacts de ces exceptions dépendent du texte final : à ce stade, ils ne sont pas connus, et personne ne peut sérieusement les annoncer.
Ce que le système doit être, et ce qu'il ne doit pas être
Le texte annoncé demande que le temps de travail journalier et hebdomadaire de chaque travailleur soit mesuré de manière objective et fiable. Il ne prescrit aucune méthode. L'UCM l'écrit noir sur blanc : l'enregistrement ne devra pas nécessairement être électronique. Securex le résume d'une phrase : une pointeuse n'est pas obligatoire.
Trois qualités comptent :
- Objectif : l'heure enregistrée n'est pas laissée à l'appréciation de l'une des parties. Un horodatage fixé par le système, pas recopié de mémoire le vendredi soir.
- Fiable : les enregistrements se conservent et se produisent à l'inspection. Un fichier que n'importe qui peut réécrire sans trace n'est pas fiable.
- Accessible : le travailleur peut consulter ses propres heures. C'est le point que les publicités oublient, et c'est celui qui protège les deux parties.
Un registre tenu à jour, avec l'heure d'arrivée, l'heure de départ et les pauses, remplit ces trois conditions. Une application le remplit aussi, à condition que le travailleur y accède.
Le calendrier annoncé
- 25 novembre 2025 : décision du gouvernement dans le cadre de l'accord budgétaire.
- 26 mars 2026 : avant-projet de loi soumis pour avis au Conseil national du Travail.
- 1er janvier 2027 : entrée en vigueur annoncée de l'obligation générale.
- 31 mars 2027 : fin de la période transitoire annoncée pour les employeurs qui n'ont pas encore de système au 1er janvier.
Le texte doit encore passer par le Conseil des ministres et le Parlement avant publication au Moniteur belge. Les dates ci-dessus sont celles annoncées, pas celles d'une loi publiée. Nous les mettrons à jour dès que le texte définitif paraîtra.
Comment s'y préparer sans acheter une badgeuse
Trois gestes suffisent pour la plupart des petites entreprises.
1. Choisir le support. Un registre papier tenu chaque jour, un tableur, ou un outil qui enregistre l'arrivée et le départ. Le critère n'est pas la technologie, c'est la trace : qui a enregistré quoi, à quelle heure, et peut-on la retrouver dans deux ans.
2. Prévoir les pauses et les cas particuliers. Le temps de travail journalier se compte pauses déduites. Le télétravail, les déplacements et le travail de nuit doivent trouver leur place dans le même système, sinon la mesure est incomplète.
3. Donner l'accès au travailleur. Un relevé mensuel qu'il peut consulter et emporter. C'est ce qui rend le système accessible au sens de la Cour, et c'est aussi ce qui évite les discussions sur les heures supplémentaires.
Dans Aureus Social Pro, chaque travailleur pointe son arrivée et son départ depuis son portail, sans géolocalisation ni photo, avec l'heure du serveur. Il consulte son relevé du mois et le télécharge. L'employeur voit, pour chaque travailleur, si un enregistrement existe ce mois-ci. Les heures pointées alimentent directement la fiche de paie. Les entreprises qui ne confient pas leur paie à Aureus disposent du même pointage avec Aureus Flow.
Un pointage conforme, et les heures qui tombent dans la fiche de paie
Le travailleur pointe depuis son téléphone, consulte et télécharge son relevé. L'employeur sait chaque mois qui est en règle. Aucune badgeuse à acheter.
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Sources consultées le 28 septembre 2026 : UCM, « Enregistrement du temps de travail : obligatoire dès le 01/01/2027 ? » · Securex, « Enregistrement du temps de travail obligatoire à partir de 2027 » · Partena Professional, Group S et SD Worx (articles du même sujet). Arrêt CJUE C-55/18 (CCOO) du 14 mai 2019. Article rédigé par Aureus Social Pro — Aureus IA SRL, BCE BE 1028.230.781. Dernière mise à jour : septembre 2026.